Le vendredi 9 octobre 2026 à 12 h 56, heure locale, la terre a tremblé au Panama plus fort qu'elle ne l'avait fait depuis des décennies. L'épicentre se trouvait sur la péninsule d'Azuero, précisément la région où beaucoup de nouveaux arrivants venus de l'étranger cherchent une maison au bord de la mer ou dans les collines. Onze jours plus tard, on dispose d'un bilan officiel solide. Il fait état de lourds dégâts sur des logements, des écoles et des routes dans une zone limitée, de très peu de victimes, et d'un État qui a déclaré l'état d'urgence national et lancé la reconstruction.
Ce qui s'est passé le 9 octobre
Le service géologique des États-Unis, l'USGS, enregistre le choc principal avec une magnitude de moment de 7,7 à environ 12,6 kilomètres de profondeur. Selon l'USGS, l'épicentre se situe à l'intérieur de la péninsule d'Azuero, à quelque 12 kilomètres à l'ouest-sud-ouest du village de Pitaloza Arriba. La protection civile panaméenne, le SINAPROC, reprend dans ses bulletins les valeurs de l'Instituto de Geociencias de l'Universidad de Panamá : magnitude 7,5, épicentre à 39 kilomètres au nord-ouest de Tonosí, dans la province de Los Santos, profondeur 4 kilomètres. Que deux instituts donnent des valeurs légèrement différentes est courant pour les grands séismes, car ils calculent à partir de stations et de méthodes différentes. Cela ne change rien au tableau : il s'agit d'un séisme très puissant et superficiel, survenu juste sous une zone habitée.
D'après le mécanisme au foyer calculé par l'USGS, il s'agit principalement d'un coulissement latéral de deux blocs rocheux. Il n'y a pas eu de grand tsunami. La mer n'est pas restée tout à fait calme pour autant : sur l'Isla Cañas, selon le bulletin du soir du 9 octobre, les autorités ont mis à l'abri quelque 300 personnes en raison d'une montée du niveau de la mer.
Le catalogue sismique de l'USGS montre à quel point un tel événement est rare dans la région. Dans un rayon de 400 kilomètres autour de l'épicentre, on ne trouve aucun séisme plus fort depuis 1900. Le plus puissant après lui est celui de Limón, au Costa Rica, en avril 1991, de magnitude 7,6 ; sur le territoire panaméen, celui de 1934 près de Burica, à la frontière avec le Costa Rica, de magnitude 7,5.
Les répliques
Le choc principal a été suivi d'une longue série de répliques. Dès le premier après-midi, le SINAPROC signalait plus de 47 secousses ressenties. Le catalogue de l'USGS recense jusqu'au 19 octobre, dans un rayon de 150 kilomètres, 79 répliques de magnitude 4,5 et plus, dont 19 de magnitude 5 et plus. Les trois plus fortes :
La secousse du 12 octobre montre justement pourquoi les autorités appellent à la prudence : une réplique de cette force peut faire s'effondrer des bâtiments déjà fragilisés. Les répliques ne se prédisent pas. Leur nombre diminue avec le temps, mais de fortes secousses isolées restent possibles pendant des semaines.
Le bilan officiel : les chiffres du 19 octobre
La protection civile recense les dégâts au moyen d'une enquête standardisée, l'Evaluación de Daños y Análisis de Necesidades (EDAN). D'après le bulletin n° 16 du 19 octobre, la situation est la suivante :
| Conséquences | Au 19 octobre 2026 |
|---|---|
| Logements évalués | plus de 9 500 |
| dont détruits | 2 318 |
| dont avec des dégâts moyens ou partiels | 5 546 |
| dont avec des dégâts légers | 1 260 |
| Personnes touchées dans les logements évalués | 31 643 |
| Blessés | 27 |
| Personnes en hébergement d'urgence (au 17 octobre) | 3 827 dans 55 centres |
S'y ajoutent, selon le bulletin n° 15 du 18 octobre, 619 écoles endommagées et 42 établissements de santé endommagés. Un point de situation du matin du 19 octobre mentionne, outre les 27 blessés, une personne décédée. Pour un séisme de cette force, c'est un bilan humain exceptionnellement faible. Le nombre de logements évalués, en revanche, augmente encore chaque jour, à mesure que les équipes atteignent des localités de plus en plus isolées. Les chiffres sont expressément provisoires.
Les régions touchées
Les provinces les plus durement touchées sont Los Santos, Herrera, Veraguas et Coclé. C'est le gouvernement lui-même qui les cite dans sa résolution d'urgence, sur la base des rapports des gouverneurs. Dans la province de Veraguas, ce sont surtout les districts de Soná et de Mariato qui ont été frappés. C'est aussi de là que vient la majorité des personnes hébergées en urgence : environ 70 % de l'ensemble des personnes hébergées sont originaires de Veraguas.
Dans la province de Los Santos, selon le bulletin du 10 octobre, plusieurs localités se sont retrouvées isolées par des ponts et des routes endommagés et par des glissements de terrain, la route de Pedasí à Tonosí était fermée, et l'eau et l'électricité étaient coupées dans le district de Tonosí. D'après un communiqué de la présidence du 17 octobre, les liaisons de Las Tablas, de Macaracas et de Cambutal vers Tonosí sont de nouveau ouvertes, et la route de Búcaro est praticable par des déviations. Dans la province de Veraguas, les travaux sur la liaison entre Atalaya, Mariato, Quebro et Flores étaient encore en cours à cette date.
Il y a eu des dégâts en dehors de la zone centrale aussi. Dans la province de Coclé, selon le premier bulletin, le séisme a endommagé des hôtels, des églises et des façades de commerces. À Panama, la capitale, le SINAPROC a signalé des dégâts légers sur quatre tours d'habitation, des hôpitaux ont été évacués par précaution, et la grande usine de traitement d'eau de Chilibre ne fonctionnait qu'à 20 % de sa capacité le jour du séisme. Le 18 octobre, la protection civile annonçait que la plupart des usines d'eau du pays fonctionnaient de nouveau.
L'état d'urgence national
Le Conseil des ministres a agi dès le lendemain du séisme. Par la Resolución de Gabinete n° 108 du 10 octobre 2026, publiée au journal officiel Gaceta Oficial n° 30631, l'Estado de Emergencia Nacional s'applique à l'ensemble de la République. Les points essentiels :
Ce qui compte pour vous en tant qu'étranger, c'est ce que la résolution ne contient pas : ni restriction d'entrée sur le territoire, ni couvre-feu. Il s'agit d'achats rapides, d'aide et d'organisation.
Reconstruction, écoles et hôpitaux
Selon le communiqué du 17 octobre, le ministère du Logement a lancé la reconstruction, en commençant par Pesé, dans la province de Herrera. Sont prévus de nouveaux logements pour les familles qui ont perdu leur maison, des réparations partielles et la distribution de matériaux de construction. Les premiers travaux de démolition et de construction sont aussi en cours à Soná et à Río de Jesús (Veraguas), à Las Minas (Herrera), à La Pintada et à Penonomé (Coclé) ainsi qu'à San Félix (Chiriquí).
Les écoles rouvrent progressivement. D'après une annonce du 18 octobre, les cours reprennent le mercredi 21 octobre dans 770 écoles inspectées de douze régions éducatives, dont Panama, Panamá Oeste, Colón, Chiriquí et Bocas del Toro. Dans les provinces de Los Santos, Herrera, Coclé et Veraguas, les écoles restent fermées pour l'instant, jusqu'à ce que chaque bâtiment ait reçu son autorisation. Si vous comptez vous installer dans ces provinces avec des enfants scolarisés, tenez-en compte dans votre calendrier. La pêche est de nouveau autorisée sans restriction, sauf au quai endommagé de Búcaro.
Côté santé, la caisse de sécurité sociale, la CSS, indique après une inspection du 19 octobre que la polyclinique de Los Santos assure de nouveau environ 95 % de ses prestations et que celle de Las Tablas continue de fonctionner. Les bâtiments qui n'ont pas obtenu d'autorisation de sécurité à l'issue du contrôle structurel restent fermés aux patients et au personnel.
Ce que conseillent les ministères des Affaires étrangères
Les ministères des Affaires étrangères ont adapté leurs conseils pour le Panama dans les jours qui ont suivi. France Diplomatie a publié dans sa rubrique « Dernières minutes et alertes » pour le Panama, mise à jour le 10 octobre, une note sur le séisme : la communauté française est invitée à suivre les indications des autorités locales, à garder son calme, à respecter les consignes de sécurité en cas de tremblement de terre et à se tenir informée, notamment par le compte officiel du SINAPROC.
Le gouvernement du Canada va plus loin dans ses conseils aux voyageurs pour le Panama, mis à jour le 16 octobre : il recommande d'éviter tout voyage non essentiel dans les corregimientos d'Arena, d'El Cacao et de Quebro, dans la province de Veraguas, en raison des dommages causés par le séisme. Votre propre gouvernement publie ses propres recommandations, par exemple le SPF Affaires étrangères belge. Lisez celles de votre pays avant de partir, car chaque ministère formule les choses à sa façon et les met à jour à un moment différent.
Ce que le séisme change pour vos projets
Le Panama était un pays sismique bien avant le 9 octobre. Ce qui est nouveau, c'est qu'un grand séisme s'est produit non pas à la frontière avec le Costa Rica ou au large, mais en plein cœur de la péninsule d'Azuero, une région que beaucoup associaient jusqu'ici surtout aux plages, aux fêtes populaires et aux terrains bon marché. Le bilan montre pourtant aussi autre chose : les dégâts lourds se concentrent sur les localités de la zone centrale, il n'y a eu pratiquement aucune victime, et l'État a déclaré l'état d'urgence et débloqué des fonds en l'espace d'une journée. Ce qui caractérise le pays par ailleurs est présenté dans notre tour d'horizon sans complaisance sur l'installation au Panama.
Si vous vivez à Azuero ou dans la province de Veraguas, ou si vous voulez y acheter : faites inspecter la maison par un ingénieur après le séisme avant d'investir des sommes importantes et, lors d'un achat, demandez précisément quels dégâts le bien a subis en octobre 2026 et comment ils ont été réparés. Pour une construction neuve, le mode de construction mérite un examen attentif : un béton armé massif, avec des armatures posées dans les règles de l'art, ne se comporte pas comme une maçonnerie non renforcée ou une construction en terre crue. Vérifiez aussi que votre assurance habitation couvre expressément les dommages dus aux séismes. Ce à quoi il faut veiller de manière générale lors d'un achat immobilier au Panama est expliqué dans notre guide de l'achat immobilier au Panama.
Si vous vivez à Panama ou dans une tour : les dégâts sont restés légers dans la capitale. Il est tout de même utile de connaître les plans d'urgence de votre immeuble, de vérifier les issues de secours et de constituer une réserve d'eau pour quelques jours, car l'approvisionnement en eau était nettement réduit le jour du séisme. Ce à quoi ressemble par ailleurs la sécurité au quotidien est traité dans notre état des lieux de la sécurité au Panama.
Si vous préparez une visite ou votre installation en ce moment : la résolution d'urgence ne restreint pas l'entrée sur le territoire, et il est possible de se rendre au Panama. Dans les zones centrales de Los Santos, de Herrera et de Veraguas, en revanche, les routes, les hébergements et les administrations fonctionnent encore en partie de manière provisoire. Prévoyez de la marge pour vos rendez-vous sur place. En raison des répliques possibles, gardez à portée de main un sac d'urgence avec vos documents, vos médicaments, de l'eau et de la nourriture.
Pour tous ceux qui y vivent déjà : de nombreux pays proposent un service d'inscription pour leurs ressortissants qui vivent ou voyagent à l'étranger, comme Fil d'Ariane pour les Français, afin que l'ambassade puisse les joindre en cas d'urgence. Vérifiez si c'est le cas du vôtre et inscrivez-vous. Gardez votre passeport, votre carte de résident et des copies de vos documents importants à portée de main, au même endroit.
Un séisme de cette force n'a rien d'exceptionnel en Amérique latine. Comment la Colombie a fait face en août à un séisme de magnitude 7,4, et quelles leçons en tirer pour la recherche d'un logement et la préparation, c'est ce que montre notre article sur le séisme en Colombie de 2026. Les informations de base sur le Panama comme pays de résidence se trouvent sur notre page pays du Panama.
Et maintenant
L'état d'urgence et le budget spécial courent jusqu'à la fin de 2026, et le Conseil des ministres peut prolonger ou augmenter l'un comme l'autre. Le SINAPROC continue de publier de nouveaux bulletins presque chaque jour, et le nombre de logements évalués va encore augmenter jusqu'à ce que toutes les localités aient été recensées. Pour choisir votre lieu de vie, ce qui compte au bout du compte, ce sont moins les chiffres d'un jour donné que trois questions : comment la maison est-elle construite, le lieu reste-t-il accessible quand une route s'effondre, et en combien de temps pouvez-vous rejoindre un hôpital qui continue de fonctionner après un séisme ?

