Quand on envisage de s'installer au Mexique, on lit beaucoup de choses sur les seuils de revenus, les rendez-vous au consulat et les frais. On voit rarement, en revanche, combien de personnes venues de son propre pays franchissent réellement le pas. Le ministère mexicain de l'Intérieur publie pourtant ce chiffre chaque mois. Les derniers tableaux, qui couvrent janvier à juillet 2026, montrent un mouvement net : 397 Français ont reçu la carte de résident permanent en sept mois, soit 61 % de plus que sur la même période de 2025. Côté canadien, le nombre a été multiplié par deux et demi, et la Suisse comme la Belgique progressent aussi.
Les chiffres proviennent du bulletin statistique de l'Unidad de Política Migratoria, Registro e Identidad de Personas (UPM), un service du ministère de l'Intérieur, le SEGOB. L'UPM exploite les registres des bureaux de l'Institut national des migrations, l'INM. Elle ne compte que les démarches ayant reçu une décision favorable, avec une carte délivrée et effectivement remise à la personne. Les demandes en cours ou refusées n'y figurent pas. Les tableaux de 2026 portent la mention « Información preliminar », c'est-à-dire des chiffres provisoires, et l'UPM précise qu'ils peuvent différer des rapports gouvernementaux publiés plus tard. Les valeurs de comparaison pour 2025 proviennent des mêmes tableaux de l'UPM pour janvier à juillet 2025 : les deux périodes ont donc toujours la même durée.
Deux cartes, deux étapes
Pour les étrangers qui restent plus longtemps qu'un séjour touristique, le Mexique prévoit deux grandes formes de résidence. La Residente Temporal autorise, selon l'article 52 de la Ley de Migración, un séjour de quatre ans au plus, avec autant d'entrées et de sorties que vous le souhaitez. La Residente Permanente n'a pas de durée limitée. L'article 54 de la même loi énumère qui peut l'obtenir, notamment :
Les seuils de revenus et d'épargne actuels pour les deux cartes sont détaillés dans le guide sur la résidence au Mexique par la solvabilité. Pour lire la statistique, il suffit de retenir ceci : la carte temporaire est la porte d'entrée habituelle, la carte permanente l'objectif.
Les chiffres clés de janvier à juillet 2026
Résidence permanente (Residente Permanente) :
Résidence temporaire (Residente Temporal) :
Pour la carte permanente, la France progresse donc de 61 %, la Suisse de 30 % et la Belgique de 22 %. Toutes nationalités confondues, la hausse est de 19 % : les Français font nettement mieux que la moyenne. Le Canada se détache encore davantage, avec une hausse de 152 %. Pour le Luxembourg, les chiffres sont si faibles que quelques foyers suffisent à faire bouger la statistique.
La carte temporaire progresse aussi pour les Français, de 21 %. Au total, 920 Français ont reçu l'une des deux cartes de janvier à juillet 2026, contre 681 un an plus tôt. Les Français sont d'ailleurs plus nombreux à recevoir la carte temporaire que la permanente, alors que c'est l'inverse pour les Canadiens.
Pour situer ces chiffres : parmi les nationalités européennes, l'Espagne arrive en tête de la résidence permanente avec 649 cartes, devant la Russie (464), l'Allemagne (451), la France (397) et l'Italie (315). Les citoyens des États-Unis ont reçu 6 921 cartes permanentes sur la même période, soit près de 18 % du total.
Mois par mois
Les cartes permanentes délivrées à des Français en 2026 se répartissent ainsi : janvier 56, février 39, mars 68, avril 56, mai 54, juin 66, juillet 58. Aucun mois exceptionnel n'explique à lui seul la hausse. Chaque mois de 2026 a dépassé le même mois de 2025, où les valeurs allaient de 23 à 44.
Pour les Canadiens, l'écart est encore plus marqué : 377, 281, 492, 558, 421, 359 et 308 de janvier à juillet 2026, contre 108 à 224 par mois en 2025. Même le mois le plus faible de 2026 dépasse le meilleur mois de l'année précédente.
Les catégories des cartes
L'UPM classe chaque carte dans une grande catégorie, qu'elle définit dans les tableaux eux-mêmes. Trabajo (travail) regroupe toutes les personnes dont le motif de séjour est un emploi ou une offre d'emploi. Sous Rentista, l'UPM réunit les propriétaires de biens et d'immeubles, les investisseurs ainsi que les retraités et pensionnés. Otros rassemble les projets de recherche scientifique, l'intérêt public et d'autres motifs. Les autres catégories sont Familia, les raisons humanitaires et, pour la carte temporaire, les étudiants.
Pour les Français titulaires de la résidence permanente, la répartition est la suivante (2025 entre parenthèses) :
La plus forte progression concerne la catégorie fourre-tout Otros, qui a presque quadruplé. Les cartes permanentes liées au travail reculent en revanche, et la catégorie Rentista reste marginale chez les Français. Le tableau ne précise pas quelles voies légales se cachent derrière Otros. Toutes nationalités confondues, c'est aussi Otros qui progresse le plus, de 3 444 à 8 888, tandis que les cartes pour raisons humanitaires reculent de 12 208 à 8 053. La catégorie Rentista augmente d'un tiers, de 2 947 à 3 933.
Les Canadiens présentent un profil tout autre : sur 2 796 cartes permanentes, 827 relèvent de Rentista (465 en 2025), 1 496 d'Otros (278), 357 de Familia (216) et seulement 116 de Trabajo (152). Chez les Suisses, on compte 26 cartes Otros, 17 Familia, 10 Trabajo et 8 Rentista ; chez les Belges, 23 Otros, 10 Familia, 10 Trabajo et 1 Rentista.
Pour la résidence temporaire, les Français se répartissent entre Trabajo (175), Otros (172), Familia (153), étudiants (16) et Rentista (7). Le travail reste donc la première catégorie de la carte temporaire, même s'il recule légèrement par rapport à 2025 (187). Si vous partez pour un emploi, les conditions sont expliquées dans le guide du visa de travail au Mexique.
Un point mérite d'être souligné : les catégories de la statistique ne correspondent pas aux voies de visa que vous demandez au consulat. Rentista mélange retraités, propriétaires et investisseurs, et le tableau ne dit pas combien de personnes sont passées par la voie de la solvabilité. Il montre en revanche que les Nord-Américains utilisent bien plus cette catégorie que les Européens : sur 3 933 cartes permanentes Rentista, 3 110 sont allées à des citoyens des États-Unis et du Canada.
Où s'installent les nouveaux résidents
Les tableaux par État indiquent où la carte a été demandée et remise, ce qui correspond en général au lieu de vie.
Résidence permanente, Français, janvier à juillet 2026 (2025 entre parenthèses) :
La capitale et la côte caraïbe concentrent plus de la moitié des cartes permanentes françaises. Pour la carte temporaire, la capitale domine encore plus nettement, avec 179 cartes, devant le Quintana Roo (125). Les Suisses s'installent surtout au Quintana Roo (16), à Mexico (13) et au Yucatán (7), les Belges à Mexico (11), au Quintana Roo (9) et en Basse-Californie du Sud (5).
Les Canadiens, eux, privilégient nettement les côtes : Quintana Roo 589 (305), Jalisco 481 (205), Nayarit 411 (57), Baja California Sur 373 (205) et Yucatán 235 (84). La capitale ne compte que 106 cartes permanentes canadiennes.
Commune par commune
Pour la carte permanente, il existe aussi un tableau par commune de résidence, c'est-à-dire le lieu que les titulaires déclarent comme domicile. Il détaille une cinquantaine de communes, celles qui comptent le plus de cartes. Chez les Français, Solidaridad, avec Playa del Carmen, arrive en tête avec 55 cartes. Viennent ensuite trois arrondissements de Mexico, Miguel Hidalgo (46), Cuauhtémoc (30) et Benito Juárez (22), puis Tulum et Benito Juárez, avec Cancún, (18 chacune), Mérida (16), Los Cabos (15), Bahía de Banderas (13) et Querétaro (12).
Les Suisses suivent le même schéma à plus petite échelle : Solidaridad 12, Miguel Hidalgo 6, Mérida 5. Chez les Belges, Solidaridad compte 6 cartes, Miguel Hidalgo 4 et La Paz 3. Les Canadiens sont surtout à Solidaridad (366) et à Bahía de Banderas (348), devant Puerto Vallarta (224), Los Cabos (207), La Paz (137), Mazatlán (112), Mérida (103) et Chapala (102).
Où s'installent les étrangers en général
Toutes nationalités confondues, c'est au Chiapas que le plus grand nombre de cartes permanentes a été remis de janvier à juillet 2026 (7 276, contre 10 871 un an plus tôt), devant Ciudad de México (7 213 contre 5 126) et le Quintana Roo (4 959 contre 3 480). Suivent le Jalisco (2 698), la Basse-Californie du Sud (2 043) et le Yucatán (1 907). Le Chiapas, à la frontière du Guatemala, ne joue en revanche presque aucun rôle pour les Européens et les Canadiens.
Ce que ces chiffres signifient pour votre projet
La statistique n'explique pas pourquoi davantage de Français et de Canadiens obtiennent la résidence permanente. Elle montre toutefois qu'il ne s'agit pas d'un effet ponctuel sur un mois et que la hausse touche l'ensemble de la période et les principales destinations.
Si vous commencez par la carte temporaire : la statistique confirme que cette voie reste la norme. Au bout de quatre ans, l'article 54 ouvre le passage à la résidence permanente. Les changements de frais pour les deux cartes l'an prochain sont détaillés dans le guide des frais mexicains pour 2027.
Si vous visez directement la résidence permanente : les retraités disposant d'une pension suffisante peuvent la demander sans passer par l'étape temporaire. La hausse des chiffres ne dit rien de la sévérité des consulats ; l'UPM ne compte que les décisions favorables, pas des quotas.
Si vous pensez à la fiscalité : une carte de résident, temporaire ou permanente, ne fait pas de vous automatiquement un résident fiscal mexicain. Le lien entre titre de séjour et résidence fiscale est expliqué dans le guide de la résidence au Mexique. S'installer au Mexique ne met pas fin non plus, à lui seul, à votre résidence fiscale d'origine. Ce que votre pays continue d'imposer, et l'aide éventuelle d'une convention fiscale, dépendent de votre pays de départ :
Les données essentielles sur la fiscalité et la résidence figurent sur la page pays Mexique.
À quel point ces chiffres sont-ils récents ?
L'UPM publie son bulletin chaque mois, avec quelques semaines de décalage. D'après les données des fichiers, les tableaux jusqu'à juillet 2026 ont été enregistrés en septembre. Comme les chiffres sont provisoires, certaines valeurs peuvent encore évoluer dans les versions suivantes ; l'ampleur de la hausse n'en dépend pas. Tous les tableaux sont disponibles sur le site de l'UPM sous forme de fichiers Excel à télécharger, ventilés par nationalité, catégorie, État et commune.

